LES TROIS ÉTAPES DE NOTRE DÉMARCHE

Un appariement méthodique

Matching, création de liens & colocation

Dans une perspective d’innovation en travail social qui s’appuie sur la combinaison de plusieurs savoirs, des scientifiques expert·e·s de la thématique du vieillissement et de l’habitat, des professionnels qui travaillent avec des aîné·e·s, des personnes âgées et des étudiant·e·s ont collaboré pour développer un projet de colocation intergénérationnelle qui réponde aux besoins de tout le monde.

1. Matching

Comme indiqué par une personne âgée, « il est nécessaire que l’étudiant·e· et le ou la séniore aient les mêmes attentes sur la colocation » C’est pourquoi, selon les participant·e·s, il apparaît judicieux de « filtrer les éventuelles personnes intéressées en amont de manière à faire correspondre les profils ». Pour tenter de réaliser un matching, elles et ils ont jugé avantageux que les étudiant·e·s et les sénior·e·s se décrivent brièvement sur une page tout en détaillant leurs besoins et leurs attentes. Cette première étape invite les futurs utilisateurs et utilisatrices à se questionner sur cette nouvelle expérience et permet de « provoquer des rencontres favorables ».

Une fois ces informations formulées, une rencontre individuelle est organisée par un·e professionnel·le du travail social avec chacune des personnes. Ce temps est propice pour rendre attentifs et attentives les sénior·e·s et les étudiant·e·s aux enjeux d’une cohabitation intergénérationnelle, de révéler les différences liées à l’âge et d’affiner les besoins et attentes réciproques.

Dès que deux profils semblent correspondre, les professionnel·le·s du travail social les convient à une rencontre informelle. Ce premier contact est une occasion d’initier une relation intergénérationnelle dans un cadre sécurisant au sein du domicile de la personne âgée. Le ou la professionnel·le adopte un rôle de promoteur du lien social en proposant des espaces de parole, de jeux, etc., de manière à ce que les personnes intéressé·e·s puissent faire connaissance.

2. Création de liens

Le leitmotiv auquel tous les participant·e·s adhèrent se trouve être le temps. En effet, tout le monde partage l’idée qu’il est nécessaire de laisser « mûrir la relation » avant de prendre la décision de s’engager dans une telle démarche. Ainsi, leurs suggestions sont multiples : jeux de société, promenade, partage d’un repas ou tout simplement boire un café paraissent des activités idéales pour créer du lien et apprendre à se connaître. Cette étape importante n’est pas limitée temporellement ; chaque duo juge le temps que ce stade doit durer et fonctionne de manière indépendante et autonome. C’est-à-dire que les intéressé·e·s s’organisent entre eux dans le choix du type et du nombre de rencontres. Au cours de ces moments, elles et ils abordent les points sur lesquels l’étudiant·e et le ou la séniore doivent s’accorder.

3. Colocation

Une fois que l’étudiant·e et la personne âgée se sentent prêt·e·s à s’engager l’un·e envers l’autre et créer une colocation, une séance formelle en présence des deux parties ainsi que du ou de la professionnel·le est organisée. Elle a pour objectif de passer en revue, discuter et compléter tous les points de la convention et de la signer. Il s’agit d’un contrat conclu entre la personne âgée et l’étudiant·e en présence d’un travailleur ou travailleuse social·e. Elle est ajustée à chaque colocation en fonction des besoins, envies et attentes.

Les participant·e·s accordent une considération de taille à ce qu’un·e professionnel·le du travail social endosse un rôle neutre de médiateur ou médiatrice au sein de chaque colocation. Cette personne doit connaître tant les problématiques des jeunes que celles des sénior·e·s et être le ou la même à chaque étape de façon à garder un réel suivi des relations au sein des colocations. Selon les participant·e·s, la clé de réussite d’un tel projet est d’accompagner régulièrement  la relation. Comme les besoins d’adaptation sont inévitables en début de relation, et s’amenuisent au fil des mois, les trois premières rencontres sont planifiées au cours de la deuxième, cinquième et neuvième semaine de colocation. Ensuite de quoi, en accord avec l’accompagnant·e, les deux protagonistes décident unanimement l’échéance de la séance à venir. En cas de nécessité ou d’interrogation, les habitant·e·s de la colocation peuvent interpeler la personne-ressource par téléphone, ou lui demander une rencontrer extraordinaire.